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Collin, Armand-François
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Lettre
à entête Collin [G0089] |
A.-F. Collin succède donc à B.-H. Wagner. Celui-ci, dans un prospectus commercial, relate ainsi l'affaire [F0102] : « J'ai consenti à me retirer de cette fabrication en faveur de M. Collin, qui a dirigé plusieurs établissements importants à Paris et à Londres, et qui a été récompensé d'une médaille par la Société d'Encouragement. Avec la certitude qu'il possédait la pratique et la théorie de son état, et la manière dont ma clientèle l'avait accueilli chez moi, j'ai pensé qu'il avait tout ce qu'il faillait pour maintenir la réputation de ma Maison ; je lui ai donc cédé, par acte enregistré le 21 juin 1852, mon Établissement complet, mon Outillage et ma Clientèle, en lui promettant de l'aider des conseils de ma vieille expérience. » Avant le rachat de la société Wagner, nous ne savons que peu de choses sur Armand-François Collin. Pour ce qui est de son état civil, il nait à Paris le 5 septembre 1822, de Marie-Joseph Collin et de Madeleine Saily [E0056]. Il décède le 12 mai 1895, à 72 ans [E0057]. Au début de son parcours professionnel, il semble effectivement avoir travaillé à Paris et à Londres. Il est ainsi chargé par les exposants français d'horlogerie, d'instruments de précision et de mécanique de les représenter à l'exposition universelle de Londres de 1851 [F0102]. Après avoir racheté l'entreprise B.-H. Wagner, A.-F. Collin devient l'un des horlogers en vue sur la place de Paris. Il est récompensé aux expositions universelles de 1855, 1860, 1867, 1875, 1878. A l'occasion de cette dernière exposition, où il obtient 2 médailles d'or, 2 d'argent et 2 de bronze, il est également fait Chevalier de la Légion d'Honneur [A0012, E0057]. En 1881, il obtient une médaille d'or à l'exposition internationale d'électricité [F0107]. L'entreprise se développe, non seulement dans l'horlogerie mécanique, mais également dans l'horlogerie électrique et au-delà de l'horlogerie, en commercialisant un nombre toujours plus important d'appareils mécaniques et électriques divers. |
Et le succès économique est au rendez-vous. Pour étendre sa fabrication, minimiser les coûts et profiter du savoir-faire horloger de la région jurassienne de Morez et Morbier, A.-F. Collin effectue ce que l'on appelle aujourd'hui une délocalisation. Il cible le village de Foncine-le-Haut, situé dans le Jura à une quinzaine de kilomètres à vol d'oiseau du centre horloger de Morez et Morbier. Á l'été 1859, il acquiert « une maison sur un petit cours d'eau dans le dessein d'établir dans la commune une succursale de sa maison de Paris pour la fabrication des divers produits de son industrie » [Délibérations du Conseil Municipal du 9 octobre 1859, cité par E0061]. Puis Collin s'associe à Jean-Marie Fumey, l'autre fabricant de Foncine en horlogerie d'édifice, pour acheter un terrain communal avoisinant sa maison. Nous ne savons pas ce qu'il adviendra de cette association. |
Usine
Collin-Château construite en 1883 [E0058] |
Magasin
et Ateliers de Paris [F0104] |
Toujours est-il que se succèdent des travaux d'aménagement et d'agrandissement menés ou financés par A.-F. Collin : nouveau barrage sur le ruisseau et construction d'un pont (1860), canal d'endiguement (1860), achat d'une maison en face de l'atelier et d'autres terrains (1863), acquisition d'une maison et fabrique d'horlogerie dite « Chez Sauvonet » à Théophile Fumey-Badoz (1863) [E0061, E0059]. La croissance de l'entreprise nécessite d'autres bâtiments. Ils commencent en 1881, s'achèvent en 1883 pour faire ce qui était désormais officiellement « l'usine hydraulique d'ébauches de la Combe-Noiret, Foncine-le-Haut (Jura) » [E0058, E0059, F0109, I0002]. Cette usine, importante par la taille, l'est aussi par le poids économique qu'elle représente à Foncine, village jurassien qui n'a pas pu profiter de la proto-industrialisation liée aux horloges comtoises dans les mêmes proportions que Morez. |
De ce fait, A.-F. Collin acquiert une réputation à Foncine, bien qu'il passe la plupart de son temps à Paris. « Dès 1876, Collin fut élu conseiller municipal. Souvent absent et pas toujours commode ; ainsi en mai 1879, comme le conseil municipal avait voté contre lui pour une affaire d'alignements, " je vous prie, écrit-il au maire, de bien vouloir accepter ma démission de conseiller municipal. " Il sera réélu en 1881 et 1884. Il sait faire des générosités : en février 1867, comme le guet nocturne est négligé, il offre six boîtes-contrôleurs à placer sur le parcours ; le veilleur sera ainsi obligé de suivre l'itinéraire prévu. En 1884, il soutient l'initiative du conseil municipal qui décide l'ouverture de cours d'adultes et verse 100 F pour frais de chauffage, pour le directeur, etc. » [E0061] |
Usine
Collin - Château construite en 1883
[F0104] |
Villa
Collin à Fourqueux, |
Vers la fin de son parcours dans l'horlogerie d'édifice, A.-F. Collin emploie son fils unique Ferdinand dans son entreprise. Malheureusement, celui-ci décède au service militaire [E0061, G0089]. L'entreprise sera donc cédée le 19 août 1884 à Château Père et Fils [E0061]. En 1892, quelques trois ans avant sa mort, A.-F. Collin fait construire une villa importante par l'architecte Emile Vaudremer (1829-1914), à Fourqueux, dans les Yvelines [A0026 et autres ressources internet]. |
La fabrication d'horloges mécaniques reste pour l'entreprise Collin le cœur de son activité.
Très belle
horloge Collin de 1860 |
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Après avoir repris la maison Wagner et à sa suite, A.-F. Collin propose des horloges « bas de gamme » (dite de « troisième qualité »), avec les rouages de sonnerie en fer fondu. Ces mécanismes coûtent environ 30% moins cher que les horloges dont les roues sont en cuivre et les pignons en acier [F0102]. Pourtant, assez vite Collin décourage les acheteurs éventuels de ces horloges, puis abandonne petit à petit leur fabrication : « Dans la troisième qualité, toutes les roues de la sonnerie sont en fer fondu ainsi que leurs pignons. Ces engrenages qui peuvent se faire à très bas prix ont de graves inconvénients, non seulement par leur irrégularité, car les dents des pignons qui sont fondues ne peuvent jamais être exactement divisées, mais aussi parce que les pignons qui sont de même nature que leurs roues et qui tournent jusqu'à dix fois plus, s'usent facilement et produisent en roulant avec l'huile (car on est forcé d'en mettre beaucoup dans ce genre de denture) une pâte noire qui oblige de nettoyer l'horloge fort souvent, ce qui rend l'entretien très difficile. » [F0103]
Horloge
typique Collin [F0109] |
A.-F. Collin fait évoluer les modèles d'horloge utilisés par B.-H. Wagner. Plusieurs de ses horloges sont basées sur le modèle reproduit une nouvelle fois ci-contre, soit comme horloge toute mécanique, soit comme horloge mère pneumatique commandant plusieurs cadrans. |
Horloge Collin de la cathédrale Notre-Dame de Paris de 1867 [E546]. Remarquons
le remontoir d'égalité. |
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Horloge
typique Collin posée en Espagne [E328] |
![]() |
Par la suite, les modèles d'horloge se simplifient comme ceux présentés ci-dessous. Ces horloges seront généralisées par la suite par l'entreprise Château. Pour les horloges électriques, l'entreprise Collin utilise ces modèles simplifiés.
Horloge
typique Collin de 1882, |
Horloge
typique Collin |
A.-F. Collin fit un certain nombre d'horloges remarquables dont celles de l'église St. Augustin, de l'église de la Trinité à Paris, du Louvre [B0003]. Nous détaillons également les quelques horloges remarquables dans les sections suivantes.
Horloge typique Collin [E002] |
Dans les grandes villes, la prolifération d'horloges mécaniques marquant des heures légèrement différentes et générant des frais de mise à l'heure et d'entretiens importants devint un problème critique. Afin d'y remédier, diverses études et essais « d'unification de l'heure » virent le jour. Leur principe repose généralement sur une horloge principale mécanique, dite horloge mère ou émettrice ou maître, distribuant des impulsions horaires via des circuits électriques ou pneumatiques aux différents cadrans répartis dans la ville, dites horloges filles ou réceptrices ou esclaves. Les premiers essais ont lieu au milieu du siècle, à Lyon en 1844, puis Paris en 1859.
Collin se lança dans l'aventure avec plusieurs systèmes. L'un de ces systèmes consiste à distribuer les impulsions de l'horloge mère aux horloges filles au travers de transmissions électriques ou pneumatiques, cette dernière méthode étant brevetée en 1865 [F0104]. Un autre système consiste à utiliser des horloges filles à balancier (des horloges mécaniques normales) qui sont régulièrement synchronisées sur l'horloge mère. Pour ce faire, les horloges filles sont réglées de telle sorte qu'elles avancent naturellement légèrement. Elles sont automatiquement arrêtées au passage de l'heure, et remise en marche lorsque l'horloge mère, passant l'heure à son tour, envoie une impulsion électrique de redémarrage [F0104, p. 10]. Voir les illustrations ci-dessous.
Système
Collin de synchronisation de l'heure à partir d'une horloge mère (à
gauche) pilotant des horloges filles (à droite), |
Horloge
mère Collin, envoyant des impulsions pneumatiques |
En 1878, A.-F. Collin perdit le premier marché parisien de 40 horloges contre
son concurrent Lepaute. Quant à A.-F. Collin, il remporte d'autres marchés, comme celui de Besançon
[G0089], de Rouen [F0104, p. 8] ou encore celui de Roubaix où il unifia l'heure
de 5 bâtiments pour 13,100 fr., en 1880 [G0092]. |
Régulateur
Collin mécanique de 1886, |
Horloge
Collin fille synchronisée électriquement [E104] |
Horloge
électrique mère Collin [G0084] |
Mais ce qui caractérise l'entreprise A.-F. Collin, c'est une diversification
progressive de son activité au-delà de l'horlogerie d'édifice, à un ensemble
de produits mécaniques et électriques.
Cette diversification avait déjà été amorcée par B.-H Wagner qui vendait en
particulier des métronomes, des œils-de-bœuf, des tournebroches, des
paratonnerres et des girouettes [F0102].
Contrôleur
de Rondes [F0106] |
A.-F. Collin poursuit cette diversification avec, en particulier, un contrôleur de ronde, c'est-à-dire un système permettant de contrôler le pointage régulier d'un veilleur en divers points d'un bâtiment, terrain ou tout autre endroit à surveiller. Plutôt que chacun de ces points ne comporte une horloge, c'est le veilleur lui-même qui porte un petit mécanisme d'horlogerie, faisant tourner un disque sur lequel est imprimé un poinçon à chaque point de passage. Ce mécanisme, breveté en 1854, dû connaître un certain succès, car il est mis en avant dans de nombreuses publicités, documents d'époque, etc. Dans les années 1870, un catalogue Collin mentionne environ 300 clients pour ce contrôleur de rondes [F0106]. |
Puis, A.-F. Collin étend l'application des contrôleurs de rondes en mettant au point des systèmes d'alarmes incendie permettant de connaître de manière centralisée d'où vient l'alarme. En 1876, il fait breveter la mise en place de tout cela dans des candélabres urbains, brevet qui fera l'objet, jusqu'en 1882, de sept additions portant sur la forme des cadrans, le système d'alarme ou la transmission des signaux par voie télégraphique [J0008, J0009, J0010, J0011, J0012, J0013, J0014, J0015]. Voir illustration ci-contre. Au-delà des contrôleurs de rondes, l'entreprise se diversifie en concevant et commercialisant un nombre d'appareils toujours plus exotiques, incluant des régulateurs, des horloges pour chemin de fer, des sonnettes électriques, des compteurs, des compteurs d'omnibus, des monte-plats, etc., etc. Les brevets suivent ce rythme effréné. Outre ceux déjà cités, mentionnons par exemple celui de1864 portant sur une disposition et un mécanisme de carillons, et celui de 1866, visant des perfectionnements apportés au réglage et à la mise à l'heure des horloges entre elles [B0008]. Un brevet de 1883 porte sur la suppression des ressorts dans les horloges électriques filles, c'est-à-dire commandées par une horloge électrique mère, brevet qui fera l'objet de deux additions en 1889, par l'entreprise Château [J0016]. Plus exotique encore, le brevet de 1884 et ses deux additions de 1886 et 1888, dont l'objet est d'améliorer les contrôleurs de quantités de betteraves entrant dans les sucreries [J0017, J0018, J0019]. |
Système
Collin d'unification de l'heure, de contrôle de |
Canon Méridien vendu par Collin [E884] |
Cette diversification, qui continuera avec l'entreprise Château Père et Fils, semble avoir été un succès. Au-delà du contrôleur de rondes cité ci-dessus, l'entreprise vendit ainsi nombre de régulateurs pour les gares et de nombreuses pièces d'horlogerie ou autres. Sa capacité d'innovation lui permettait de répondre à des demandes spécifiques de clients qui avaient besoin d'un instrument de mesure, d'un système de compteur ou autres mécanismes particuliers. Notons cependant qu'il n'est pas du tout sûr que Collin fabriquait tous ces instruments. Dans de nombreux cas, il les revendait probablement. |
Extraits
du catalogue Collin de 1887, |
Exemples
de régulateurs Collin [F0104] |
L'un
des nombreux fluviographe Collin
[F0104] |
Petit
échantillon de multiples compteurs [F0104] |
L'horloge pour le Palais-de-l'Industrie, exposée à l'exposition universelle de 1855, est la première horloge remarquable de F.-A. Collin. Ce n'est pas à strictement parler une horloge d'édifice, même si elle envoie l'heure à deux cadrans externes, au moyen d'un signal électrique. Les catalogues de 1878 et 1887 font une description succincte de cette horloge [F0104, F0105] :
Horloge construite pour l'exposition de 1855 acquise par le ministère
d'état et installée au Palais de l'Industrie.
Cette horloge, de haute précision, se recommande d'abord par la promptitude
avec laquelle elle a été construite. Conçue en décembre 1854, elle
fonctionnait le 1er mai 1855. Elle possède : un remontoir d'égalité à roues
satellites ; un échappement de Graham, garni de pierres ; un balancier
compensateur à neuf branches, laiton et acier ; indication de la dilatation de
la lentille ; aiguilles de secondes ; cadran du temps vrai du soleil ;
quantième perpétuel ; années bissextiles, jours, semaines, mois ; enfin, une
couronne de douze cadrans indiquant l'heure des douze principales villes du
monde.
Le remontoir d'égalité, à chaque période, ferme un circuit qui fait marcher
électriquement les aiguilles des grands cadrans récepteurs du transept.
La construction et les soins dans la fabrication sont tels, que les engrenages,
malgré plus de trente ans d'usage, sont intacts. Tous les pignons sont des
lanternes à fuseaux mobiles.
Dans une autre brochure, Collin mentionne un prix de plus de 30,000 fr. pour cette horloge [F0106], alors qu'un catalogue Château de 1908 la propose pour 8,000 fr. [F0106, F0109].
Horloge
du Palais de l'Industrie [G0096] |
Quoiqu'il en soit, cette horloge ne fait pas l'unanimité. Claudius Saunier, responsable de la « Revue Chronométrique » et écrivain prolixe en matière horlogère, écrit ainsi dans le numéro de septembre 1855 [G0085] : Horlogerie Monumentale Plusieurs de nos horlogers-mécaniciens prodiguent à tort ce prétendu
correcteur [le remontoir d'égalité] ; nous disons prétendu, car il est
avéré que, sur dix remontoirs, une huitaine, en moyenne, n'ajoute pas à la
régularité de l'horloge dans la proportion de l'augmentation du prix de
revient et de la difficulté du travail. Et comment pourrait-il en être
autrement ? Que l'on considère, la plupart du temps, cet attirail lourd et
compliqué de bascules, de leviers, de poids, d'engrenages, marchant en avant et
en arrière, etc., et il sautera aux yeux que la roue d'échappement ne reçoit
qu'irrégulièrement l'impulsion de la force motrice. La moindre négligence
dans l'exécution ajoute à cette irrégularité ; et la suite des temps en
amène d'autres, sans compter que quelques grains de poussière suffiront
parfois pour faire arrêter toute la machine. |
Cet article est sévère. Il est vrai cependant que les pignons à lanterne, abondamment utilisés par B.-H Wagner et Jean Wagner pour éviter d'avoir à tailler des dents épicycloïdales, ont prouvé leurs limites et ne sont généralement plus employés dans les horloges à cette époque. Le rapport officiel du Jury International de l'Exposition Universelle n'est guère plus indulgent [A0013] :
Nous dirons de M. Collin que son horloge du Palais de l'Industrie offre un ensemble des plus élégants, d'une symétrie irréprochable, digue en un mot du monument qu'elle décore ; mais il est à regretter que le court espace de temps qu'il annonce avoir été employé à sa composition et à son exécution, lui ait fait fendre des dents de roues dont les faces ne sont pas parallèles à l'axe, et qui ne touchent les ailes des pignons ou les fuseaux des lanternes que par une arrête qui y laisse une trace bien marquée ; qu'enfin le défaut de concentricité entre la grande roue qui commande les cadrans destinés à indiquer l'heure relative de différents pays, rend l'engrenage de cette roue trop fort sur certains points, trop faible sur d'autres. Nous l'engagerons, lorsque le temps lui permettra, à faire disparaître aussi le trémulement fâcheux de son remontoir au moment où il arrive soit au bas soit au haut de sa course, et qui se communique jusqu'à la roue d'échappement.
Tout ceci n'a pas empêché A.-F. Collin d'obtenir une médaille 1ière
classe à cette exposition de 1855.
Suite à la destruction du Palais de l'Industrie, cette horloge semble avoir
été transférée au Grand Palais, où elle serait en court de restauration.
Mentionnée en A0026, sans aucun détail. Cette horloge est basée sur le modèle standard des horloges Collin.
Horloge
de la Tour Saint-Germain-l'Auxerrois [C0010] |
Cette horloge à carillon utilise un système ingénieux permettant de dissocier l'énergie qui fait fonctionner le carillon de celle qui est nécessaire pour soulever les marteaux sur les différentes cloches. En effet, l'un des problèmes posés par les carillons est qu'il faut, à l'aide de picots sur un tambour ou d'un clavier, faire sonner de petites ou de grosses cloches, soulever donc des marteaux plus ou moins lourds. Comme l'explique Ungerer, « lorsqu'en 1864 on eut formé le projet d'installer un carillon à St-Germain-l'Auxerrois à Paris, on nomma une commission d'étude pour en fixer le programme. On préconisa l'actionnement pneumatique des marteaux, et on fit aussi des expériences dans ce but ; mais cette méthode fut alors abandonnée à cause du manque d'une force motrice se prêtant à toutes les exigences, et après de nombreux essais, la maison Collin, à Paris, exécuta cette installation en 1880 d'après les données suivantes : le carillon se compose de 38 cloches, dont la plus grande pèse 2.000 kg. Á chaque cloche correspond un des petits rouages moteurs qui sont alignés sur un châssis horizontal ; chaque rouage est actionné à l'aide d'un poids qui est proportionné aux marteaux de cette cloche, et ne fonctionnant que lorsqu'on veut obtenir un coup sur cette cloche. |
Chaque cloche possède quatre marteaux, dont trois sont consécutivement actionnés par le rouage moteur correspondant, de manière à être un peu soulevés progressivement à chaque fonctionnement du rouage ; celui des marteaux qui a atteint le point culminant de levée, s'accroche à une détente placée au-dessus du rouage, et de laquelle il retombe au moment même du déclenchement qui est opéré soit par les picots du cylindre, soit par le clavier à main ; ce déclenchement étant rendu très facile, les picots n'on qu'un très petit effort à subir. Le cylindre à picots de 40 cm. de diamètre est également mu par un poids ; il porte les picots pour quatre mélodies, et peut facilement être échangé contre un autre si on veut augmenter le choix des mélodies. Le remontage des poids se fait à la main, chaque semaine. Grâce à cette méthode on ne dépense pas d'énergie inutilement, et on évite toute perte de temps dans l'actionnement des marteaux frappant sur les cloches, de sorte que les mélodies sont reproduites avec une parfaite netteté. » [C0010, p. 261]
Avec son carillon, son prix fut d'environ 200,000 fr. [F0106].
Dernière mise à jour de cette page : 19/11/2011